Un sacré pas en avant

Fabien Drago, l’entraîneur de “KB”, ne cache pas sa fierté : Kaysersberg Vignoble, commune de moins de 5 000 habitants, s’invite cette saison en Nationale 1. Le KABCA fait officiellement partie des « 64 meilleures équipes françaises ».

Son intersaison a été pourrie par une toux persistante qui, dit-il, l’a « détruit ». Focalisé sur son recrutement et sur la préparation de l’exercice 2018-2019, Fabien Drago, le coach kaysersbergeois, ne s’est pas accordé beaucoup de repos cet été. Durant ses courtes vacances « au soleil », il a passé le plus clair de son temps à « dormir ». « J’en avais bien besoin, raconte-t-il. J’étais crevé. »

Mais son excitation, à l’idée d’entraîner pour la première fois de sa vie en Nationale 1, est intacte. Impressions.

« On redevient petit »

– Quel est le programme du KABCA en ce début de mois d’août ?

– La reprise de l’entraînement est prévue le 12 août, mais les joueurs qui le souhaitent ont la possibilité de participer à des séances de réathlétisation facultatives à partir du 6. On mettra en place des ateliers de travail pour chacun.

Nos renforts (*) vont arriver en fin de semaine. On leur a trouvé des appartements et on est en train de les meubler.

Je suis satisfait de notre recrutement. En se basant sur les statistiques, les vidéos, les conseils et les recommandations, nous avons ciblé plusieurs garçons, que nous avons réussi à convaincre de nous donner un coup de main dans notre nouvelle aventure.

Nous sommes toujours en quête d’un poste 2/3 (arrière/ailier) ou 3/2, dont le profil serait celui d’un défenseur d’1,90m ou plus. J’espère aussi que ceux qui ont contribué à l’accession en N1 (**) montreront qu’ils ont leur place à ce niveau.

– Que vous inspire le groupe A de N1 (voir repères) , dans lequel “KB” a été versé ?

– En termes de kilométrage, c’est très favorable. Toutes les équipes les plus proches géographiquement de Kaysersberg sont là.

Sportivement, beaucoup de formations partiront, comme nous, dans l’inconnu et viseront le maintien. À mes yeux, cinq clubs sortent du lot : Boulogne-sur-Mer, Saint-Quentin, Rueil, Saint-Vallier et Souffelweyersheim. Mais la poule reste ouverte et j’espère qu’on aura notre chance.

Il faut savoir que les quatre derniers de chaque groupe disputeront des playdowns, à l’issue desquels quatre équipes tomberont. L’idéal serait donc d’échapper aux quatre dernières places à l’issue de la première phase. Ce serait un soulagement.

Mais je ne pense pas, cette fois-ci, qu’on finira invaincu à domicile. Il y aura plein d’embûches et il faudra qu’on soit aussi soudé que dans le passé.

L’an dernier, nous étions un club reconnu et respecté de N2. Cette saison, on redevient petit.

– Vous venez d’évoluer dix saisons en N2 en tant qu’entraîneur et avez grandi en même temps que votre club. La N1 constitue-t-elle également un challenge personnel ?

– La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’on fait désormais partie des 64 meilleures équipes françaises. Ce n’est quand même pas mal pour Kaysersberg Vignoble, une commune de moins de 5 000 habitants. C’est un sacré pas en avant. Quel chemin parcouru…

« J’ai certes atteint la N1, mais ça ne fait pas de moi un coach de N1 »

Après, en ce qui me concerne, je vis la situation comme un nouveau défi. J’ai certes atteint la N1, mais ça ne fait pas de moi un coach de N1. “KB” est là pour apprendre, moi aussi.

Je rejoins un cercle fermé de techniciens qui, pour certains, ont déjà connu la Pro A, la Coupe d’Europe… Est-ce que j’ai les compétences pour entraîner dans cette division ? L’avenir le dira.

– En dépit de votre attachement à “KB”, n’aimeriez-vous pas changer d’air un jour et prendre en main une équipe professionnelle ?

– Mais j’ai déjà, au KABCA, un statut proche du professionnalisme. Je suis plus un entraîneur de club qu’un entraîneur tout court. Il y a ici un environnement familial auquel je tiens. Pour le moment, je ne me pose pas de questions par rapport au futur.

Cela ne signifie pas pour autant que rien ne peut se produire. Initialement, je n’avais même pas l’idée de coacher en pro. Mais quand tu flirtes avec ce niveau, ça te traverse fatalement l’esprit. On ne sait pas de quoi l’avenir sera fait…

– Le 19 septembre, Kaysersberg recevra Lille dans le cadre des 64es de finale de la Coupe de France. Ce tirage au sort vous satisfait-il ?

– La bonne nouvelle, c’est qu’on ne se déplace pas. Ce sera une belle affiche, face l’une des meilleures équipes de Pro B. Le coach de Lille (Jean-Marc Dupraz) a tout de même été champion de France avec Limoges (en 2014). C’est un superbe tirage, on a été gâté. Ces matches de Coupe de France amènent toujours un peu de magie…

Matches amicaux

17 août (19h) : KABCA – Pfastatt/Mulhouse (match d’entraînement)

21 août (20h) : KABCA – adversaire à désigner

24 août (20h) : KABCA – Holtzheim (N2)

28 août (20h) : KABCA – GET Vosges (N1)

31 août (20h à Eguisheim) : KABCA – Souffelweyersheim

2 septembre (17h) : KABCA – Speyer (Allemagne)

8 septembre (19h) : KABCA – Boncourt (Suisse)

12 septembre (20h) : Souffelweyersheim – KABCA

15 septembre (18h30) : GET Vosges – KABCA.

 

Source : DNA, Amaury Prieur (https://c.dna.fr/sports/2018/08/01/un-sacre-pas-en-avant)

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