En l’absence de Jonathan Godin, Adomas Drungilas et Elson Mendy, Kevin Walter (30 ans, 1,88m) joue les pompiers de service à Kaysersberg. Tout en dépannant à la mène, l’arrière de métier continue à allumer des brasiers à longue distance.

Au soir de la défaite face à Charleville-Mézières (98-101 le 9 mars), on pouvait légitimement se demander si les Kaysersbergeois n’étaient pas démobilisés, après avoir validé in extremis leur maintien en N1.

On craignait, dans le même ordre d’idées, que la deuxième phase du championnat s’apparente à une succession de matches sans intérêt.

« Autant croquer dans la pomme jusqu’au bout »

On redoutait, enfin, que les blessures de Jonathan Godin (cuisse) et Elson Mendy (coude), associées à la suspension d’Adomas Drungilas, n’assomment définitivement un promu déjà exténué par une saison régulière aux allures d’ascenseur émotionnel.

En l’espace de huit jours, le KABCA a balayé les doutes. Impitoyables face à Vitré le 22 mars (86-59), héroïques il y a dix jours lors de leur court revers à Tours (85-83) et encore épatants samedi dernier contre Toulouse (83-77), les Vignerons occupent la septième place (4V, 7D) du groupe B dans lequel ils ont été reversés. Ils sont, pour l’heure, virtuellement qualifiés pour les play-offs.

« Autant croquer dans la pomme jusqu’au bout, lance Kevin Walter, l’arrière de “KB”. Même s’il nous manque trois joueurs majeurs, on y croit. On se bat avec nos armes, on n’a pas baissé les bras. »

L’ancien Mulhousien connaît lui-même une sérieuse montée en température, en ce début de printemps. Ses statistiques au scoring ont bondi depuis trois rencontres (18,3 points de moyenne, contre 8,8 durant la première phase).

Et s’il ne se montre pas très disert sur la question – « Je ne suis pas seul dans l’équipe » –, son coach Fabien Drago s’en est chargé, en le rebaptisant “Monsieur Dynamite” pour sa faculté à allumer des mèches en périphérie. « C’est un “sniper” capable de nous gagner des matches à tout moment par ses tirs à trois points et à mi-distance, son intelligence de jeu, son calme et son sang-froid », s’enthousiasmait le technicien dernièrement.

« Pour compenser les absences, chacun doit en faire un peu plus, souligne de son côté Kevin Walter. Dans le contexte actuel, on aurait pu exploser, mais on prouve qu’on a des ressources. »

Angers, un gros morceau

L’extérieur haut-rhinois n’est pas le dernier à se démultiplier sur le parquet. Non content de déclencher des incendies derrière l’arc, le pyromane attitré du KABCA joue les… pompiers de service en dépannant à la mène. Il faut dire que les postes 1 de métier représentent une denrée rare, en ce moment à Kaysersberg.

Compte tenu du départ prématuré de Willy Berquier, mais aussi des blessures de Jonathan Godin et Arthur Buttner (cheville), l’organisation du jeu est désormais dévolue aux arrières, Kevin Walter et Jermel Kennedy en tout premier lieu.

Le duo aura fort à faire, ce soir sur le terrain d’Angers, une équipe dont le… meneur, Jérémy Bichard, a pris feu depuis le coup d’envoi de la seconde phase (20 points de moyenne). Leader du groupe B (8V, 3D), la formation entraînée par Laurent Buffard – double vainqueur de l’Euroligue féminine et sextuple champion de France avec Valenciennes entre 2001 et 2007 – ne ressemble plus à celle qui avait dominé “KB”, l’an dernier en play-offs de N2. « L’effectif a un peu changé, mais il reste fort à tous les postes », synthétise Kevin Walter.

On pense particulièrement à l’ailier fort Antoine Wallez et au pivot américain Kyle Tresnak (2,08m), qui incarnent une menace constante dans la raquette. « Ce sera un match difficile, anticipe le shooteur alsacien. Mais aucun adversaire n’est surdimensionné pour nous. Même avec un budget moins important que les autres, on a déjà prouvé qu’on arrivait à s’en sortir. »

Si le KABCA en fait à nouveau la démonstration ce soir, personne ne s’en plaindra.

Source : DNA, Amaury Prieur (https://c.dna.fr/sports/2019/04/05/walter-le-pyromane)